• Britney Spears: Thanksgiving day

    Your eyes on me

    In the center of a ring

    Just like a circus.

      

    Britney Spears est un cadeau de Thanksgiving. Ou plutôt le menu.Britney Spears: Thanksgiving Day

    Appétissante, juteuse, tendre, sortie du congélo une fois par an et deux heures plus tard, il n'en reste pas grand chose.

    Que dire du cas Spears?

    Ses talents sont hélas devenus minces -eux.

    Un chant anémique inexistant en live. Lip sync tout du long.

    Une maladresse choregraphique gênante.

    Pas d'implication personnelle, pas de fond. Difficile à croire quand on la voit remuer son popotin, mais la Spears est visiblement une femme sans tripes. Ou elle s'en fout. Ou encore est-elle peut-être cynique.

    Ou alors, autre hypothèse, peut-être n'est-elle rien d'autre que le concentré des travers accumulés par un métier déboussolé, une époque qui l'est autant, consacrant, incarnant de façon naturelle                                                          Icon

    l'inversion des talents, voir le mépris pour ces derniers, exécutant le triomphe de l'image aussi creuse soit-elle, de la construction et de l'instantané.

    En résumé: bitch attitude 24/7, clairement intégrée dans la catégorie surprenante des chanteuses à fesses (après les chanteuses à voix ou les chanteuses à textes, voici une nouvelle famille: quelle que soit la chanson, le clip, la scène à promouvoir, deux éléments indispensables: un cul qui se montre et pour le changement de plan les nichons, jusqu'à la nausée, de façon tellement répétée que le spectateur n'y prête même plus attention...)

    Nul besoin d'esthétique ou de parti-pris artistique: l'ambition est assumée et consommée: dancefloors, guide philosophique pour pétasses écervelées à la dérive, lolitarte de province. On a beaucoup reproché à Brit son côté redneck. Force est de constater qu'il finit par se confirmer avec l'âge.

    Bon, pourquoi en parler alors?

    D'abord parce que la Spears est devenue, à son corps défendant, une icône pop identifiable, signée, un style à elle seule. Avec un talent qui fond malheureusement comme neige au soleil, elle est arrivée à être une image, un son, une griffe. Merci l'armada de producteurs et compositeurs qui lui ont mis en bouche... de quoi faire bouger la planète entière sur des titres souvent très réussis.

    Ensuite parce qu'être un pur produit de studio est un talent en soi: le résultat final est intéressant, blindé high-tech, conçu pour ratisser au plus large. En ce sens Spears est l'une des nombreuses héritières des pires travers de grand-père Jackson et mamy Madonna. Au premier, elle emprunte les codifications commerciales: starification outrancière et nombriliste de son propre personnage, politique du "less is more" au niveau scénique, utilisation du playback de façon intégrale pendant 2 heures de show sans le moindre complexe, virtualisant son image jusqu'à en faire une enseigne, une réclame autant commerciale que -dans son cas- pseudo-culturelle. A la seconde, elle emprunte le triomphe du cul et de la chienne en chaleur au-delà du ridicule. Là où la bâs blesse, c'est que chez la mère Mado, ce n'était pas une pose: encore anonyme, la Ciccone se comportait déjà comme une pute et la gloire n'a fait que lui donner raison. Devenir la plus grande salope de l'univers demande un investissement, une réflexion, un travail en un mot qui n'est pas à la portée des dindes actuelles qui se rêvent à sa place. Mado a pour elle une intelligence redoutable, un instinct autant artistique que commercial appréciable. Elle s'est frottée à des provocations sexuelles qui à l'époque visaient autant à faire parler d'elle qu'à changer les mentalités. Violer la morale, la religion, l'homosexualité, le travestissement, le sado-masochisme, être capable de se réinventer à chaque nouvelle création, assimiler les vagues les plus hypes des nouveaux courants musicaux et les régurgiter avec une griffe à ce point personnelle qu'elle en fait le nouveau courant à suivre, même si votre serviteur n'aime pas trop la Madonne, il faut être sourd et aveugle pour ne pas lui tirer son chapeau (à défaut d'autre chose). Si Brit est un menu de thanksgiving à elle seule, Madonna se classe dans les fauves monstrueux capables de bouffer tout ce qui les entoure. Prédateur et non proie. Différence de taille.

     

    Britney Spears, elle, a d’abord été une innocente Lolita adepte de l’abstinence avant mariage. Une idole prête à consommer pour la middle class de banlieue US, quoi. Coquine mais mignonne, excellente danseuse (ça a bien changé), une voix acidulée qui soutient plutôt bien les titres faussement candides que ses producteurs lui concoctent. Ex de l’écurie Disney (tout comme Aguilera, Ryan Gossling ou Timberlake, son boyfriend du début). Elle aligne les tubes –qui se ressemblent souvent sans complexes- mais ne gâchons pas notre plaisir, ce sont là d’excellents titres, excellemment mis en images et la gamine ne ménage pas sa peine pour persuader. Ça roule ma poule et les millions rentrent dans le tiroir-caisse.Britney Spears: Thanksgiving Day

    Encore assez maline, Birtney va faire évoluer son personnage de façon d’abord subtile. Elle mûrit agréablement, la production se veut et se montre plus adulte, des tubes encore, à la pelle. Bien fichus avec ça (mais c'est là un des rares points où elle a maintenu le niveau: quand le nouveau muffin à Britney sort du four, il est en général irrésistible).

     

     

                                                                                                                                        Version débuts

    Britney Spears: Thanksgiving Day Après, et bien… après Britney a décidé de se transformer en garce de boîtes, en blondeBritney Spears: Thanksgiving Day suceuse, en allumeuse-baiseuse-machine-à-nichons-cuisses-écartées. En salope, quoi, si tout n’est pas encore clair. Et pour y arriver, tous les moyens sont bons : french kiss à Madonna au MTV awards –qui s’amuse beaucoup d’observer la jeunette se positionner pour la succession en

                                                                        En sortie avec Paris Hilton: la grande classe

    sachant pertinemment qu’elle n’en a ni le mental ni le recul-, duo avec la même où Britney, cheveux poisseux et attitude lécheuse où elle n’en finit plus d’écarter tout ce qui peut l’être dans son anatomie, innombrables sorties avec sa copine Paris Hilton (on touche le fond) avec de préférence la chatte à l'air pour les objectifs des paparazzi qui n'en demandaient pas tant, des amants crétins à la tête pleine d’eau, des aventures avec d'autres du même tonneau, une maternité mal assumée...

      

      

      

     

      

      

      

    La suite: l'Oncle Walt doit se demander où est passée sa souris...

     

     

    De la télé-réalité avec son mari et ses gosses (what the fuck?!?), des parfums fourgués à Elizabeth Arden en veux-tu en voilà, des contrats publicitaires signés comme des autographes, un poids qui voyage à la vitesse de l’éclair. Et enfin ce que les américains baptisent si joliment un total « meltdown » en 2007.Britney Spears: Thanksgiving Day

     

    Et c’est LA que Britney Spears est devenue intéressante.

     

    Paumée, poupée manipulée de toutes parts, elle est devenue, sans le vouloir, sans même le savoir probablement, une artiste. Equilibriste, sur un fil. Il faut alors l'observer avec un recul total, percevoir sa perdition, son assurance qui s'effrite comme un bâtiment miné, ses pas devenus gauches ou incertains. Britney se rase la tête en public sur un coup de... tête justement, perd la garde

    des mioches, fait des allers-retours en cliniques psychiatriques et poursuit sa carrière malgré tout.                         

                                                                                                                            Total Meltdown           

                                                                                                                                                                                                                                                                 

    Deux excellents albums illustrent cette période d'implosion: Blackout et Circus. Le premier, imparable, lui est offert par une clique de producteurs -comme d'habitude- qui ont radicalement changé la direction de son image: après le "tout va bien", place à la franchise fraîche et joyeuse. Britney chante des mots qui la démontent et radicalisent sa perte de contrôle ("Piece of me", magnifique exercice d'autoportrait: "I'm Miss American Dream since I was 17"...), "Gimme more" qui la place en victime sacrificielle du public, "Feels like the crowd is saying... Gimme gimme more, gimme more, gimme gimme more"... et tout l'album est comme ça. Un pas de géant dans le sérieux du travail de l'ex-lolita devenue une égérie pour toutes les filles jolies, sympa, souriantes que la vie a abîmée au point d'en faire des épaves et qui se reconnaissent en elle. "Circus", le second, poursuit dans la lignée un an plus tard et ajoute une touche de profondeur supplémentaire, n'hésitant pas à balancer en filigrane des allusions obsessionnelles à Brit-Brit ("Have you seek Amy tonight"? - traduisez en phonétique à voix haute: F-U-C-K- me tonight? comprenant une allusion scabreuse à son amie "Amy" -on se demande bien laquelle,tiens!- qui "serait dans la salle de bain ou en train de fumer dehors?"), ou encore le titre éponyme: "Your eyes on me, in the center of a ring, just like a circus"...

    Votre serviteur s'est alors pris à rêver d'une Britney Spears nouvelle à l'écoute de ces deux albums en forme de scuds envoyés coup sur coup en deux ans seulement. Du texte, du charisme, de la profondeur, un relief étonnant pour Miss Trainwreck qui met en scène sa perdition avec panache. La voir habiter le clip de "Piece of me" ou à côté de ses pompes pour sa toute première prestation post-meltdown donnait à réfléchir: il y a quelque chose dans cette fille. Puis vint la tournée et patatras! Force est de reconnaître que Britney n'a pas les épaules pour supporter ce qu'on lui fait dire.

     

    Show grandiloquent aux effets tellement appuyés qu'ils en perdent leur force et surtout playback intégral. Ce réflexe ne la quittera plus et c'est désolant. Et au milieu du fatras, la petiote au regard affolé du lapin pris dans des phares, exécutant ses chorégraphies avec la motivation d'un veau à l'abattoir, fracturée et fade. Les clips la mettent en scène comme une showgirl au

    pouvoir tétanisant, charisme filmé et inventé. La scène la révèle telle qu'en elle-même: programmée et lasse jusqu'au baîllement. Elle semble s'emmerder comme c'est pas permis.

    Britney Spears: Thanksgiving dayChacun a remarqué, depuis son retour au American Music Awards en 2007 avec sa prestation catastrophique sur "Gimme more" qu'elle ne sait plus coordonner ses mouvements de façon chorégraphiée et souple, qu'elle doit jeter des coups d'oeil à gauche ou à droite pour savoir où elle en est. C'est encore le cas aujourd'hui pour sa résidence à Vegas avec le show "Piece of me", best of croulant sous les effets visuels too much, la kitscherie et la vulgarité. Le tout mené par une meneuse qui semble bien pâle à côté de ses danseurs chevronnés, mimant sa voix en oubliant parfois de le faire (!!)... Elle est supposée donner ce spectacle pendant 2 ans. Les paris sont ouverts et le lecteur aura compris ce que j'en pense. Assez amusant de consulter les réactions des fans également, qui suite à la première de ce show, sont sortis en masse déçus, révoltés, lassés devant l'indifférece manifeste de leur idole, son irrespect du public, de son métier; la lolitrash est paumée, complètement, et ne ressemble plus qu'à un pantin qu'on exhibe pour faire rentrer la monnaie. Si les fans le voient, imaginez le public lambda...

      

      

     

      

      

      

      

    Spears 2007: trop de cheeseburgers tue le cheeseburger

      

     

    N'empêche.

     

    Malgré tout cela, Britney Spears existe, personne ne peut le nier. Elle est devenue un personnage qui ne s'oubliera pas de sitôt. Parce qu'un espèce de précipité chimique, dont les ingrédients furent autant l'impact de la médiatisation express au XXIème siècle que l'envahissante virtualité de nos existences en a fait l'une des plus parfaites représentantes non seulement de son époque mais également de ses travers. Britney Spears: Thanksgiving day

     

     

    Came, néant, vie dépourvue de sens, folie, absence de talent payée des millions, énorme cachet pour être jurée dans une émission où elle juge des inconnus qui font ce qu'elle est incapable de faire, cynisme appuyé, culte du toc, hypersexualisation d'un personnage creux à la sensualité moribonde, on croirait que les producteurs de Spears sont décidés à pousser le bouchon histoire de tester les limites: quand donc le public va-t-il se rendre compte ou pire, réagir?

     

       

          

      

      

      

     

        Spears au naturel en 2014: desperate icon(ne).   

     

    Reste le plaisir évident et indéniable des disques réussis, des titres travaillés avec le talent des autres, et elle pour porte-parole.

    Un jour peut-être Britney Spears renaîtra de ses cendres pour étonner autant le public que les observateurs plus distanciés.   

                                                                                                     

                                                                                                                                     

    Mais c'est exactement comme pour sa survie: il y a peu d'espoir.

     

     

     

     

     


  • Commentaires

    1
    C'est honteux
    Vendredi 6 Juin 2014 à 13:47

    Comment dire, depuis que ça descente aux enfers est finie (2008), Britney va beaucoup, elle a retrouvée la garde de ses enfants, elle est beaucoup plus libre = donc beaucoup plus sereine et positive ! Britney à retrouvée goût à la vie! Votre article est rien d'autre qu'un ramassis de conneries des plus ignobles qu'y soit ! Britney est très talentueuse, certes elle chante en playback mais pas tout le temps, elle danse très bien, elle fait des concerts grandioses même si sa performance aux MTV VMA's 2007 ne le montre pas!! C'est une femme super qui a vécue des choses ignobles, foutez lui la paix et laissez-la vivre au lieu de la détruire, mettez-vous à sa place! C'est un être humain elle a le droit de vire et à le droit au respect!

    • Nom / Pseudo :

      E-mail (facultatif) :

      Site Web (facultatif) :

      Commentaire :


    2
    Grosse Merde
    Vendredi 6 Juin 2014 à 13:51

    Vous vous permettez de la descendre ?! Mais vous vous êtes quoi ?! Rien, qu'une petite merde qui se cache derrière un site internet pour dire du mal des autres! Britney est talentueuse que ça vous plaise ou non! Bande de connards sans cervelles qui se croient au dessus des autres..

    3
    Mercredi 13 Août 2014 à 13:04

    J'aurais volontier répondu à ces commentaires mais cette personne -qui me reproche un anonymat somme toute relatif- n'a pas voulu me laisser d'adresse mail de son côté. Je répondrais donc ici que je n'ai en aucun cas attaqué Britney Spears personnellement mais strictement artistiquement. Si un jury qui descend des candidats en flammes n'est pas fichu de faire autre chose que du playback complet deux heures durant, c'est quelque chose d'insupportable. A côté de cela, je ne nie ni ses qualités ni la qualité de ses productions. Pour répondre à votre question, je ne suis qu'un modeste chroniqueur dont le regard n'est ni universel ni obligatoire. Et -premier et dernier avertissement avant suppression des commentaires à ce sujet- si vous pouviez éviter les altercations du genre "grosse merde", cela me ferait plaisir ainsi qu'à toute personne passant par ici. On peut s'exprimer sans partir dans l'insulte vulgaire. A croire qu'on a le public qu'on mérite. Cordialement.

    4
    Géant
    Mercredi 13 Août 2014 à 23:52

    Superbe chronique sur une chanteuse dont le talent a été 'OGM'einisé comme savent si bien le faire les amerloques. Je n'y ai pas vu un instant une critique de la femme, mais une critique de la starisation à outrance dans lequel un public lambda se complaît sans discernement. Les commentaires plus haut confirment, hélas, que l'idolâtrie d'icônes a encore de beaux jours devant elle et qu'elle n'ouvre guère la porte aux avis motivés. Bravo pour ces chroniques qui nous rappellent que toutes ces stars, aussi désincarnées soient elles ne sont que les reflet de nos désirs et phantasmes. Leur rôle est de nous faire rêver et triper, non de nous vautrer dans la fan attitude qui remplit les vides de nos vies asservies au culte des vedettes en carton. 

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :